La Coalition Nationale syrienne désigne de nouveaux « ambassadeurs » (Un Oeil sur la Syrie, 04/01/2013)

Après Mondher Makhos en France et Walid Safour au Royaume Uni, la Coalition Nationale des Forces de la Révolution et de l’Opposition Syrienne (CN) a procédé, le 28 décembre 2012, à la désignation de trois nouveaux « ambassadeurs ». Le choix du Dr Najib Ghadban, pour les Etats-Unis, de l’homme d’affaires Adib Chichakli, auprès du Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe, et du médecin Walid Al Bounni, en Hongrie, confirme la volonté de la Coalition Nationale de se donner une représentation la plus diversifiée et la plus efficace possible.

Né en 1962, originaire de la localité d’Al Tall, sur les hauteurs de Damas, Najib Ghadban a fait des études de Sciences politiques dans une université new-yorkaise. Titulaire d’un doctorat, il professe les Sciences politiques à l’Université d’Arkansas aux Etats-Unis où il est installé. Il est membre de la direction du Syrian Center for Political and Strategic Studies et membre fondateur du Democratic Network in the Arab World. A la différence de son oncle, Mounir Ghadban, brièvement contrôleur général des des Frères Musulmans syriens, il n’a jamais été membre de cette Association. A la fin de l’été 2011, il a pris une part active à la mise en place du premier puis du second Conseil national Syrien, où il a fait partie du Bloc National, dont les autres figures de proue étaient Bassma Qodmani, Wa’el Mirza, Ahmed Ramadan, Abdel-Baset Sida, Imadeddin Rachid et Obeida Nahhas. Il est marié à la poétesse Mouhja Kahf.

Né à Damas en 1968, au sein d’une famille d’origine kurde, Adib Chichakli est un petit-fils… d’Adib Chichakli, militaire et homme politique, éphémère président de la République syrienne (1953-1954). Homme d’affaires, il est installé en Arabie Saoudite où il déploie ses activités dans le secteur de l’aviation et du transport aérien. Comme Najib Ghadban, il a participé, en septembre-octobre 2011, à la création du Conseil National Syrien, dont il a fait partie du « Bloc National » jusqu’au 9 novembre 2012.

Agé d’une cinquantaine d’années, originaire d’Al Tall, le Dr Walid Al Bounni est médecin ORL. Lors du « Printemps de Damas », il prend une part active à la mobilisation de la société civile. Il est signataire du « Manifeste des 1000 », cofondateur d’une organisation de Défense des Droits de l’Homme et membre du Forum de Dialogue National dont le député Riyad Seif accueille les réunions non autorisées à son domicile. Il est arrêté en même temps qu’une dizaine de ses camarades, au début du mois de septembre 2011, et condamné à 5 ans de prison. A sa libération, il signe la « Déclaration de Damas pour le Changement National Démocratique » et il est élu, lors de la première assemblée générale des membres de cette plateforme, à son secrétariat général. Il est de nouveau arrêté, en décembre 2007, et condamné à 2 ans et demi de détention. Engagé dans la révolution dès la première heure, il est encore une fois arrêté, le 6 août 2011. Peu après sa libération, le 12 octobre 2011, il décide de quitter la Syrie où un procès l’attend pour « incitation à des manifestations hostiles au régime et à des dissentions confessionnelles »… Il adhère au Conseil National Syrien, mais il le quitte peu de temps après pour protester contre l’influence qu’y détiennent les Frères Musulmans et la désorganisation qui caractérise son activité. Il est, depuis sa création, le porte-parole de la Coalition Nationale.

En faisant le choix de ces trois nouvelles personnalités aux profils et aux parcours différents, rapprochées par leur participation temporaire au Conseil National Syrien, la Coalition confirme que le CNS, auquel appartenaient également Mondher Makhlos et Walid Safour, reste un vivier de compétences pour l’encadrement de la révolution à l’extérieur. Elle démontre aussi que, contrairement aux déclarations alarmistes de ceux dont la priorité est de toujours crier au « loup islamiste », la présence et la forte représentation des Frères Musulmans dans la Coalition ne se sont traduites jusqu’ici ni par une main mise de leur part sur ses instances, ni par la mise à l’écart des personnalités laïques, dont le choix est motivé avant tout par leur adéquation à la fonction qui leur est confiée et par leur connaissance des pays, tous réputés « Amis du Peuple syrien », dans lesquels ils sont désignés.

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