L’Arabie saoudite dégage un excédent budgétaire record (Les Échos, 30/12/2012)

A l’heure où les Etats occidentaux peinent à résorber leurs déficits budgétaires, le chiffre venu d’Arabie saoudite laisse pantois. Le premier exportateur mondial de pétrole a réalisé cette année, selon un communiqué du conseil des ministres saoudiens, un excédent budgétaire record, de 102,9 milliards de dollars. Un chiffre sans équivalent aujourd’hui de par le monde et équivalent à…15 % du PIB du royaume, ou encore à 3.000 dollars par habitant.
Le ministère des Finances a précisé que les recettes, tirées à 92 % des revenus pétroliers (les exportations d’hydrocarbures saoudiennes dépendent étroitement du secteur public), avaient atteint 330,4 milliards de dollars cette année, bien d’avantage que les 187 milliards de dollars planifiés. Les dépenses ont, elles aussi, connu une forte progression, mais de « seulement » 21 % ; elles ont atteint 227 milliards de dollars contre une prévision initiale de 184 milliards. Le quart des dépenses publiques saoudiennes est consacré à l’éducation, juste devant la santé et l’armement. La majorité des jeunes saoudiens sont employés du secteur public.
Le conseil des ministres a adopté un budget record pour 2013 avec des dépenses de 218 milliards de dollars et des recettes de 221 milliards. On voit mal toutefois quel évènement géostratégique pourrait susciter une chute d’un tiers des recettes du royaume, hormis une sévère récession en Europe. A l’inverse, Riyad table sur des dépenses en recul de 5 % par rapport à celles effectivement réalisées cette année.
L’Arabie saoudite se montre généralement très prudente dans l’évaluation de ses recettes, se fondant sur un prix du baril volontairement bas afin d’éviter toute mauvaise surprise. L’Arabie saoudite dispute à la Russie et, bientôt, aux Etats-Unis, le rang de premier producteur mondial de pétrole, avec 9,8 millions de barils par jour en moyenne en 2012.
Déjà en 2011, les recettes de l’Etat saoudien s’étaient avérées presque deux fois supérieures à l’objectif, grâce à la flambée des cours
internationaux, pour atteindre 296 milliards de dollars. Ce qui, compte tenu de dépenses de 214 milliards de dollars, avait permis de dégager un excédent record de 81 milliards de dollars. Record pulvérisé, donc, cette année. Saluant cette abondance, le roi Abdallah a mis en garde les ministres contre « tout laxisme ou négligence ». Reste à savoir si son gouvernement sera incité effectivement à lutter contre les gaspillages, si le sous-sol saoudien continue de cracher 41 millions de dollars de rente par heure.

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