Libye : le spectre de la partition Stratégie et politique (13 décembre 2012)

La préparation de la nouvelle Constitution libyenne promet des débats animés au sein du Congrès national général (CNG) libyen. Des diver­gences sont apparues sur les modalités de constitution de la commission de soixante membres, chargée de rédiger le projet.
Il y a quelques mois, le Conseil national de transition avait amendé l’article 30 de la déclaration constitutionnelle promulguée en août 2011, stipulant l’élection des membres de la commission, au lieu de leur désignation. Ce qui avait eu pour effet de calmer un peu les esprits dans l’est de la Libye, réfractaire au pouvoir central. Le projet rappelle à certains égards la Constitution de 1951, qui prévoyait une organisation fédérale du pays, avec trois provinces, la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan.
Les récentes querelles au sein du CNG ont mis en lumière l’opposition entre les adversaires et les partisans d’une solution fédérale. Les premiers estiment que la constitution d’une commission de soixante membres répartis entre les trois régions du pays ramènerait ce dernier à l’état qui prévalait avant l’indépendance. Ils appellent à ne pas raviver les dissensions entre régions. Alors que les partisans du fédéralisme — dans l’est du pays notamment — réclament la constitution d’une commission qui assurerait une représentation paritaire des trois régions.
Même si les difficultés actuelles sont dépassées, on peut craindre que les divergences réapparaîtront au sujet des droits à accorder aux minorités berbérophones, notamment les Touaregs, ainsi qu’à diverses ethnies du sud, comme les Toubous. La revendication linguistique des Amazighs (berbères) constituant l’un des points les plus épineux, puisqu’elle suscite des oppositions de la plupart des tribus arabes, en particulier dans le sud.
Des députés du Fezzan ont, pour leur part, décidé de boycotter les sessions du CNG, pour protester contre l’inaction du gouvernement face aux problèmes du sud. L’Etat semble d’ailleurs complètement absent de vastes zones sahariennes, devenues un sanctuaire de diverses milices et de trafiquants en tous genres, notamment les armes et la drogue, et une zone de passage pour l’immigration clandestine. Avec la présence accrue d’éléments armés de tribus touarègues et toubous, en provenance du Niger et du Tchad, qui profitent de la déliquescence de l’Etat libyen. Ainsi, l’anarchie règne en particulier dans la ville de Sebha, capitale du Fezzan, ce qui a poussé ses représentants au CNG à brandir la menace d’une sécession.

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