L’adjoint de Ban Ki-moon n’exclut pas l’envoi de Casques bleus en Syrie (L’Orient Le Jour, 13/12//2012)

Le secrétaire général adjoint de l’ONU a effectué une visite de trois jours au Liban.
Le secrétaire général adjoint des Nations unies, Jan Eliasson, qui a effectué une visite de trois jours au Liban, a souligné que le pays a réussi à se tenir à l’écart de la crise syrienne, préservant ainsi sa stabilité.

Jan Eliasson, secrétaire général adjoint des Nations unies depuis l’été dernier, connaît bien le Liban. Il y a déjà effectué une mission en 1993, auprès des déplacés du Sud, après une opération militaire israélienne.
Le diplomate onusien, d’origine suédoise, a également travaillé sur le dossier libanais en 2006, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères et quand une conférence pour le Liban avait été organisée à Stockholm pour aider à la reconstruction du pays.

Lors de sa visite au Liban, M. Eliasson a effectué une tournée auprès des responsables, englobant le président de la République Michel Sleiman, le Premier ministre Nagib Mikati, le président de la Chambre Nabih Berry, le ministre des Affaires étrangères Adnane Mansour, l’ancien chef du gouvernement Fouad Siniora et le ministre des Travaux publics Ghazi Aridi.

Dans un entretien avec L’Orient-Le Jour, il a souligné que « les Nations unies tiennent à manifester leur soutien à la souveraineté, la stabilité et l’intégrité territoriale du Liban », notant que lors de ses entretiens avec les responsables, deux dossiers ont été abordés : la situation locale et l’importance de trouver une plate-forme commune pour relancer le dialogue initié par le président de la République et préserver de cette façon la stabilité dans le pays ; ainsi que la crise en Syrie et ses répercussions sur la région.

Se penchant sur la guerre syrienne, il a mis l’accent sur les efforts déployés par l’émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe, Lakhdar Ibrahimi. Il a évoqué dans ce cadre « la frustration » qu’éprouve l’ONU en raison de la persistance de la crise. « Nous nous ferons de notre mieux pour parvenir à une solution diplomatique, a-t-il déclaré. Il est dommage cependant que le Conseil de sécurité n’ait pas réussi à unifier sa position autour d’une décision concernant la Syrie et demeure divisé sur ce dossier ». Il a également indiqué que « des progrès ont été réalisés pour rapprocher les points de vue entre Washington et Moscou », souhaitant que « le Conseil de sécurité puisse adopter une résolution » sur ce plan.

M. Eliasson a également souhaité que « les parties en conflit réalisent l’importance des pertes humaines si la crise se prolonge ». « Elle coûte chaque jour en moyenne la vie à 150 personnes, a-t-il précisé. Nous ne comptons pas les jours de la crise mais le nombre des personnes tuées. »

Reconnaissant les divisions qui existent au sein de l’opposition syrienne et les difficultés de parvenir actuellement à une transition politique, il a noté qu’il « vaut mieux parvenir à un accord sur une transition que d’attendre une victoire militaire ». « Une formule politique diminue les risques de dérapages après la fin du conflit », a-t-il affirmé.

Riche de son expérience de négociateur onusien lors de divers conflits, M. Eliasson a indiqué que « plus le temps passe, plus la période nécessaire à la reconstruction et à la réconciliation sera longue », expliquant que « la période de transition présente une dynamique différente, notamment si un accord sur la transition est trouvé entre les partis opposés ». « Un tel accord aiderait à la stabilité et diminuerait la tension après le conflit », a-t-il souligné. Il a aussi reconnu que « plus le temps passe, plus le conflit devient sectaire et religieux. C’est une guerre civile ».

M. Eliasson a également indiqué que la période qui suivra la fin du conflit est actuellement en discussion aux Nations unies, notamment entre lui-même et le secrétaire général Ban Ki-moon. « Nous évoquons le jour d’après, par exemple les programmes qui seront mis en place pour l’édification de la paix civile, la reconstruction des institutions, les projets de développement, le besoin de réconciliation », a-t-il estimé, souhaitant que « les parties actuellement en conflit s’engagent à entamer une réconciliation car si ce n’est pas le cas, les choses seront difficiles plus tard ».
Dans le cas contraire, la Syrie entrera dans un cercle vicieux. « Je n’exclus pas la possibilité que le Conseil de sécurité envoie, à un moment ou un autre, des Casques bleus en Syrie. Nous espérons bien sûr parvenir à un accord mais avec la violence qui continue, peut-être qu’il sera nécessaire d’envoyer des soldats de la paix », a-t-il affirmé.
Le diplomate onusien s’est aussi penché sur la question des réfugiés syriens, dont le nombre officiel a atteint 500 000 dans la région, dont 150 000 au Liban.

Lors de sa visite au Liban, il s’est rendu dans deux centres recevant des réfugiés. Il a mis l’accent sur « l’excellent travail effectué », indiquant qu’il faut penser surtout à l’hiver qui vient. « Nous apprécions l’initiative du Liban qui n’a pas fermé ses frontières et nous nous engageons à soutenir des programmes de développement aidant le pays », a-t-il dit.
M. Eliasson, qui s’est rendu à Naqoura, a souligné également que « la situation à la frontière a été stable au cours de ces derniers mois et l’on est parvenu relativement à appliquer la 1701, mais nous ne sommes pas encore arrivés à un cessez-le-feu permanent des deux côtés de la ligne bleue ». Il a mis l’accent à cet égard sur l’importance du « déploiement de l’armée libanaise au Liban-Sud et de la coopération entre la troupe et la Finul ».

À la question de savoir si le conflit syrien ne pourrait pas déborder au Liban et créer une véritable crise dans le pays, M. Eliasson a noté que « le Liban a réussi à se tenir à l’écart du conflit ». « Nous sommes impressionnés par le fait que le pays a pu prendre ses distances à l’égard de la crise, surtout que l’on avait cru qu’il sera vite entraîné dans l’engrenage des violences syriennes, a-t-il déclaré. Le Liban s’en tire très bien jusqu’à présent. Le pays a bien géré les choses et j’espère que cela se maintiendra », a-t-il souligné en conclusion.

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