Walid Safour, représentant à Londres de la Coalition Nationale syrienne (un Œil sur la Syrie, 03/12/2012)

Lundi 26 novembre, quelques jours après avoir nommé à Paris son premier ambassadeur en la personne de Mondher Makhos, la Coalition Nationale des Forces de la Révolution et de l’Opposition Syrienne, créée le 11 novembre à Doha, a annoncé qu’elle avait choisi Walid Safour comme son représentant à Londres. Le 20 novembre, après la France et l’Italie, les autorités britanniques avaient salué dans la Coalition Nationale une « alternative crédible au régime syrien ». Le Foreign Office a donc logiquement donné son accord à la nomination de l’intéressé, qui a précisé que la fonction qui lui était confiée n’équivalait pas tout à fait à celle d’ambassadeur.

Walid Safour

Walid Safour est une figure connue de l’opposition syrienne au Royaume Uni. Né à Homs en 1950, diplômé de langue et de littérature anglaise de l’université de Damas (en 1974), il a enseigné dans divers établissements de son gouvernorat d’origine. Mais, en 1979 et 1980, sa carrière a été interrompue par des arrestations répétées, motivée par son appartenance à l’Association des Frères musulmans. Pour échapper, comme une grande partie de ses camarades, au sort – la condamnation à mort – que leur réservait la Loi 49 du 7 juillet 1980, il a fui la Syrie, en 1981, pour trouver refuge en Jordanie. Quatre ans plus tard, il s’est installé en Angleterre, où il a professé dans des écoles privées et travaillé dans la traduction. En 1996, il a obtenu, à l‘Université de Westminster, un diplôme sanctionnant ses compétences dans ce dernier domaine. Entretemps, il avait également exercé des fonctions administratives dans des sociétés foncières et dans des institutions islamiques londoniennes.

En 1986, il a collaboré à la création de la Commission Syrienne de Défense des Droits de l’Homme en Syrie, une association créée par les Frères musulmans dont le siège est à Londres. Depuis qu’il en assume la direction, il a veillé, selon des témoignages convergents, à séparer son engagement politique de son engagement humanitaire, prenant fait et cause et défendant de la même manière tous les prisonniers d’opinion dans son pays, sans aucune distinction.

Commission Syrienne des Droits de l’Homme

En procédant à cette nomination, qui est intervenue en même temps que la désignation des responsables de trois commissions importantes dans le domaine des secours à la population syrienne, la Coalition Nationale montre qu’elle est soucieuse de refléter dans ses structures la diversité des courants et des tendances qu’elle est parvenue à fédérer. Le choix de Mondher Makhlos et de Walid Safour, qui appartiennent à deux groupes distincts du Conseil National Syrien, le Bloc d’Action Nationale et les Frères musulmans, est contrebalancé par les nominations de Ghassan Hito à la présidence de la Commission des aides humanitaires et des secours, et de Souheïr Al Atassi à la tête de l’Unité de coordination des aides internationales. Quant à Asaad Al Achi, qui a été placé à la tête du Comité de coordination et d’assistance aux conseils locaux, il avait bruyamment démissionné du CNS, le 8 novembre, pour protester contre l’influence que continuaient à y détenir selon lui les « islamistes ».

L’étape suivante, sur laquelle la Coalition Nationale est particulièrement attendue à l’extérieur, sera la désignation des membres d’un gouvernement intérimaire. Il pourrait être composé d’une dizaine de personnalités uniquement. Deux noms sont avancés pour en assumer la présidence : celui de l’ancien Premier ministre Riyad Hijab, qui a fait défection le 6 août 2012, et celui d’un ancien ministre de l’Agriculture, Asaad Moustapha, qui réside depuis plusieurs années au Koweït. Le choix de l’une ou l’autre de ces deux personnalités, et en particulier du premier nommé, serait une preuve de l’ouverture d’esprit et du sens politique de la Coalition. Elle montrerait qu’elle privilégie l’expérience et la compétence aux appartenances politiques. Elle indiquerait aux baathistes n’ayant pas de sang sur les mains qu’ils peuvent avoir un avenir dans la future Syrie. Et elle suggèrerait qu’il est encore temps pour les hésitants de quitter le navire en train de couler et de faire le choix du changement.

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