Les chiffres du nouveau parlement koweitien (ORIENT(s)TATION, 03/12/2012)

Marquées par le boycott de l’opposition, les élections parlementaires du 1er décembre au Koweït modifient le paysage politique institutionnel du pays. Ceci se voit clairement au travers des chiffres suivant :

– Selon le ministère de l’Information, le taux de participation s’établit à 40% du corps électoral (422 569 électeurs). Ce taux est le plus bas de l’histoire parlementaire du Koweït puisqu’il approchait généralement les 60% lors des élections législatives précédentes.

– 30 députés élus le 1er décembre 2012 n’avaient jamais été élus auparavant, ce qui fait donc du nouveau parlement un parlement moins expérimenté que les précédents.

– 17 chiites font leur entrée au sein de la chambre législative, soit 1/3 environ de ses membres (on estime à 30% la part des chiites dans la population koweitienne). La surprise, quoique prévisible compte tenu du boycott massif des « tribaux », vient du fait que 3 d’entre eux ont été élus dans la cinquième circonscription, à très forte dominance tribale.

– 3 femmes ont été élues, comme cela avait été le cas en 2009. Sur ces trois femmes, une avait déjà été élue (Maousouma al-Moubarak), et une autre est la première femme membre d’une tribu (Al-Rashid) à entrer au Majlis al-Oumma

– Les grandes tribus (Awazim, Mutran et Ajman) n’obtiennent qu’un seul siège contre au moins 17 lors des dernières élections. Concernant les Awazim et les Mutran, aucun député ne les représentera, alors même que des candidats issus de ces deux tribus concouraient pour un siège. Il faut voir là encore l’effet du boycott et de l’abstention choisis par ces deux grandes tribus.

D’ores et déjà, l’opposition appelle à « faire tomber le parlement de la voix unique », en référence au controversé changement des règles électorales décidé par l’Emir le mois dernier.

Autre sujet d’inquiétude plus global, l’opposition n’est désormais plus prise dans les rouages institutionnelles de la démocratie autoritaire koweitienne. Ainsi, il ne lui reste plus, et c’était son choix d’ailleurs, que le recours aux manifestations et à la protestation de rue. D’autre part, l’hyper-représentation de la minorité chiite dans le nouveau parlement pourrait conduire, non plus à une simple confrontation politique, mais à une confrontation sur des bases sectaires qui ferait sans aucun doute changer la face du paysage politique du Koweït.

Walid al-Tabtabaï illustrait ainsi sur Twitter, peu après l’obtention des premiers résultats de l’élection, la raison de l’abstention de beaucoup de Koweitiens par un tweet de Khaled al-Chati, un élu chiite, qui déclarait que « le règne des chiites arrivait ».

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