Armement : l’Allemagne brise le tabou de l’export (Les Échos, 03/12/2012)

Les autorisations d’exportation d’armes allemandes explosent. L’Arabie saoudite pourrait acquérir quelques centaines de blindés Boxer. Le golfe persique s’impose comme un débouché majeur pour le secteur allemand de l’armement. Selon « Der Spiegel », l’Allemagne est en négociation avec l’Arabie saoudite pour la vente de quelques centaines de blindés de type Boxer. Selon le magazine, le conseil de sécurité, qui s’est réuni lundi dernier autour de plusieurs ministres et de la chancelière Angela Merkel, n’a pas encore donné son feu vert à cette commande potentielle de plusieurs milliards d’euros.
Ces négociations interviennent un an après l’autorisation donnée à l’industriel allemand Krauss-Maffei Wegmann de vendre 270 chars de combat Leopard 2 à l’Arabie saoudite. La décision du gouvernement en faveur de ces exportations avait entraîné une polémique dans un pays où les exportations d’armes sont très sensibles, politiquement.
Elles sont pourtant florissantes. Selon le dernier rapport du ministère de l’Industrie sur les exportations d’armes, celles-ci ont atteint en 2011 un montant de 1,29 milliard d’euros, ce qui représente une baisse de plus de 800 millions par rapport à 2010, mais un triplement par rapport à 2002. Signe de l’ambition de l’Allemagne, les autorisations d’exportation, différentes des ventes, ont bondi de 13 % en 2011, à 5,4 milliards d’euros.
Interventionnisme
Selon le Sipri, un institut suédois qui effectue chaque année un classement des ventes d’armes et de services militaires, l’Allemagne serait le troisième fournisseur au monde sur la période 2007-2011, avec une part de marché de 9 %, derrière les Etats-Unis (30 %) et la Russie (24 %), et devant la France (8 %). Mais, dans un classement publié en août par le Congrès américain, l’Allemagne figure en quatrième position, avec un volume d’affaires de 9,3 milliards de dollars entre 2008 et 2011, soit la moitié de la France, qui est troisième.
«Dans le passé, la politique allemande contrôlait l’industrie de l’armement sans intervenir, mais, depuis environ dix ans, la chancellerie soutient activement les exportations d’armes » , souligne Guido Steinberg, expert à la Fondation pour la science et la politique (SWP). S’il y voit un moyen de stabiliser certaines régions, il craint que des chars allemands soient utilisés lors de soulèvements populaires.

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