Syrie: pourquoi les Américains ont lâché les opposants du CNS (G. Malbrunot, 08/08/2012)

En coulisses à Doha (Qatar), Beth Jones, la secrétaire d’Etat américaine adjointe en charge du Proche-Orient, n’a pas ménagé ses efforts ces derniers jours pour amener les opposants syriens à unir leurs rangs derrière « l’Initiative nationale » de Riad Seif, cette nouvelle instance que ses promoteurs – une douzaine de pays – aimeraient mettre sur pied en lieu et place du Conseil national syrien (CNS).

La semaine dernière, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton avait elle-même enterré le CNS, déclarant que celui-ci ne pouvait « plus être considéré comme le dirigeant visible de l’opposition ». Mme Clinton plaida pour que le CNS devienne « une partie d’une opposition élargie » à « des gens à l’intérieur de la Syrie et d’autres ».

Plusieurs raisons motivent ce revirement américain. Un diplomate américain en Europe s’en explique:

« Le soutien que le CNS a reçu de la part des pays étrangers dépasse le soutien que n’importe quelle autre formation d’opposition dans un pays arabe n’a reçu depuis un an. Un soutien financier, médiatique et diplomatique. Jamais, nous n’avons fait autant, ajoute ce diplomate. Les Européens, nous les Américains, et les riches pays arabes. On a demandé à tout le monde de le soutenir. Finalement, le CNS n’a pas été à la hauteur. Nous avons demandé à maintes reprises à ses dirigeants de dialoguer pour s’élargir aux autres composantes de l’opposition. Ce n’est pas parce que nous avons un dialogue avec vous, que vous devez négliger les autres composantes de l’opposition, leur répétions-nous sans arrêt. Nous avons également demandé à nos amis de suivre de près leur évolution, d’intervenir auprès d’eux ». Sans succès.

Washington n’avait également cessé de réclamer que le CNS s’adresse aux minorités pour les rassurer sur l’après-Assad. Mais là encore, les dirigeants du CNS, dominé par les Frères musulmans, ont fait la sourde oreille.

Depuis plusieurs mois, les Américains avaient dressé pareil constat d’incompétence. Ils devaient lui trouver un substitut avant de l’exposer publiquement. C’est l’objet des débats de l’opposition depuis dimanche à Doha au Qatar. Mais rien ne dit que le CNS acceptera de diluer son influence dans « l’Initiative nationale » de Riad Seif, cet ancien député et homme d’affaires damascène, libéral et dont la légitimité ne peut être mise en doute. Affaire à suivre au cours des prochains jours….

(Crédit photo: AFP)

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