Le Qatar demande une intervention arabe en Syrie

Estimant que le Conseil de sécurité de l’ONU a échoué face à la Syrie, l’Emir du Qatar a appelé le 26 septembre 2012 devant l’Assemblée générale des Nations-Unies à une intervention arabe en Syrie faisant une référence directe à l’intervention des forces arabes au Liban au milieu des années soixante-dix. Créée lors du sommet de Riyad, les 17 et 18 octobre 1976, la force de dissuasion arabe était composée de troupes égyptienne, koweïtienne, libanaise, saoudienne et syrienne et ne fut approuvée par la Ligue arabe qu’une semaine plus tard. Sur un effectif de 30000 soldats, 25000 provenaient de la Syrie voisine qui contrôlait dès l’été 1976, la plaine de la Bekaa. La force en question était en réalité une feuille de vigne masquant la prise de contrôle du pays par l’armée syrienne. Trois ans après son déploiement, seules les forces syriennes étaient restées en place pour se retirer finalement sous la pression de la communauté internationale en 2005.
Selon Mustafa Al Alani, un expert du Gulf Research Center cité par l’AFP, « les pays arabes n’ont ni les capacités militaires d’agir comme une force de dissuasion ni commandement unifié, ni coordination ». Selon lui, une telle initiative est « irréaliste » et pourrait provoquer une riposte de l’Iran et dégénérer en conflit régional. Revenant sur l’intervention de la force de dissuasion arabe en 1976 au Liban, il a qualifié celle-ci d’échec politique et militaire.
Qui composerait aujourd’hui cette force d’intervention ? De combien d’hommes disposerait elle? Quelle serait son mandat ? Dans quel cadre ? Avec quels moyens ? Autant de questions sans réponses… Dans un entretien à la chaine Al Jazeera (27 septembre 2009), le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères qatarien, Cheikh Hamad bin Jassem Al Thani, a précisé que la proposition de l’Emir n’était pas nouvelle et qu’elle avait soulevé l’intérêt de nombreux pays arabes étant entendu qu’il ne s’agissait pas d’une force combattante mais d’une force destinée à arrêter les combats et l’effusion de sang. Dans ce contexte, la déclaration de l’Emir du Qatar parait bien difficile à mettre en œuvre d’autant que si la proposition est soutenue par le Premier ministre tunisien dont le pays bénéficie des largesses du Qatar, elle est écartée par le Président égyptien. Les autres pays arabes, que Cheikh Hamad Bin Jassem ne nomment pas, seraient partagés sur la question estimant qu’une telle décision devrait recueillir l’accord de pays non-arabes, au premier rang desquels les Etats-Unis, concentrés, pour quelques semaines encore, sur la perspective de leurs élections présidentielles.

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