Brahimi à Damas…Nobody is going to say: « Tomorrow, I am going to start a civil war…”

L’envoyé spécial conjoint des Nations-Unies et de la Ligue arabe a effectué sa première visite à Damas (13-16 septembre 2012) depuis sa nomination.  A son retour, dans  un entretien avec la chaine Al Jazeera English, il livre prudemment ses premières impressions s’efforçant à s’en tenir à la réalité qui est, par exemple, qu’à Damas, les tirs d’armes lourdes se font entendre 24h/24…ce qui indique que la situation n’est pas en cours d’amélioration mais qu’au contraire, elle se détériore. Pour Brahimi, aujourd’hui, en dépit de leurs déclarations respectives, aucune des deux parties en présence n’est à même de l’emporter et la Syrie représente bien une menace pour la sécurité régionale. La Syrie est en proie aujourd’hui à une guerre civile qui ne dit pas son nom. Mais à quel moment commence- t-on à parler de guerre civile ? Il souligne, reprenant une expression qu’il avait utilisée à Bagdad en avril 2004 : « Personne ne va vous dire,  demain je vais commencer la guerre civile » et pourtant un jour c’est la guerre civile. « Quand des soldats tournent leurs armes vers d’autres camarades soldats, comment appelez-vous cela ? »  Rencontres avec la société civile, l’opposition, le ministre syrien des Affaires étrangères et le président Bachar Al-Assad pour avoir une meilleure idée de la situation sur le terrain : au moins 30 000 personnes emprisonnées, des villes en partie détruites et des milliers de morts. Aucune sortie de crise en vue et les réfugiés  se pressent aux frontières menaçant de déstabiliser toute la région. La Turquie aurait déjà engagé plus de 300 millions de dollars pour leur venir en aide tandis que la Jordanie n’a pas vraiment les moyens de faire face. Sur le succès de sa mission, personne n’est optimiste. Pour un éditorialiste algérien (Algérie patriotique, 17/09/2012) « Brahimi se trouve confronté, comme Kofi Annan avant lui, à une tentative de sabotage de sa mission de paix ». Et qui seraient les saboteurs ? L’opposition syrienne soutenue notamment par le Qatar pour qui la seule option est un changement de régime à Damas. Selon l’éditorialiste, Brahimi aurait pris ses distances avec le Premier ministre qatarien, Cheikh Hamad Bin Jassem Al Thani (HBJ) en charge du comité de la Syrie de la Ligue arabe, lors de son passage au Caire avant sa visite à Damas. Il aurait refusé de se déplacer jusqu’à l’hôtel d’HBJ pour le rencontrer. A noter également que le comité quadripartite auquel a participé Brahimi, lundi 17 septembre au soir au Caire, à son retour de Syrie, ne comprend pas le Qatar…au grand dam de ce dernier… Du côté de l’armée Syrienne Libre, le colonel Abdel Jabbar Al Okaidi (Alep) n’est pas plus optimiste « la mission de Brahimi est vouée à l’échec » aurait-il déclaré à la suite d’un entretien téléphonique avec l’envoyé spécial. Pourtant et c’est sans doute là le plus difficile, Brahimi doit continuer sa mission impossible. Après avoir visité les camps de réfugiés en Jordanie et en Turquie, il va briefer le Conseil de Sécurité, à New York, sur sa visite à Damas et tenter d’arracher un soutien non plus individuel des membres du Conseil mais un soutien collectif…puis poursuivre ses consultations.

Cet article, publié dans Syrie, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s